La Place Crèvecœur
La Place Crèvecœur
Place Crèvecoeur - 62100 CALAIS
La place Crèvecoeur a catalysé l’expansion de Saint-Pierre avec son industrie dentellière. Jean-Louis Crèvecoeur cède des terres en 1836 pour des foires, menant à la construction de bâtiments, incluant l’église Saint-Pierre, le palais de justice et la Bourse du Travail.
La place Crèvecoeur était le cœur de Saint-Pierre, là où s’est développée l’industrie dentellière. Cela a entrainé l’extension de la ville vers l’ouest…et un besoin de terrains. Jean-Louis Crevècoeur, notable local, détenait à cet endroit des terres agricoles. Il les cède à la ville en 1836 pour y tenir foires et marchés. La famille Crèvecoeur donne encore 2 hectares en 1854. La condition est d’y bâtir des édifices utiles à la population, d’où les constructions des 3 bâtiments majeurs au milieu du XIXème siècle.
L’église de Saint-Pierre était trop petite pour une population qui explosait. Le maire Henri Leblond décida en 1862 la construction d’une nouvelle place sur la place. L’architecte est Emile Boeswillwald, élève de Eugène Viollet-le-Duc. Le style est néo-gothique, avec un clocher élancé faisant penser à des églises bretonnes. Principal lieu de culte catholique de nos jours à Calais, Saint-Pierre a un cachet certain à l’intérieur, notamment sa chaire gothique, son transept et une chapelle dédiée à la Vierge.
La Vierge dentellière, mémoire sculptée du Calais dentellier
Créée en 1955 par le sculpteur calaisien Léon Canler, la Vierge dentellière est une œuvre emblématique du patrimoine local. Commandée par le chanoine Deseille, archiprêtre de Calais pour l’église Saint-Pierre, elle rend hommage à l’industrie dentellière qui a façonné l’histoire du quartier. Déplacée chez les Petites Sœurs des Pauvres, elle a été considérée comme perdue après le démantèlement de leur bâtiment situé quai de l’Yser. La statue a été retrouvée en 2024 grâce à l’association Calais Photos Nostalgie. Les démarches nécessaires à sa restauration ont été engagées. Cette œuvre de 850 kilos en pierre de Marquise représente la Vierge entourée des symboles du métier de dentellier. Elle incarne la foi, le travail et la mémoire ouvrière. Son implantation dans l’église Saint-Pierre s’impose naturellement, au cœur du quartier où la dentelle faisait battre le cœur de Calais.
À la gauche de l’église Saint-Pierre, le style néo-classique du palais de justice se détache. A sa construction en 1858 ce bâtiment était le nouvel hôtel de ville de Saint-Pierre. En 1885, Saint-Pierre et Calais fusionnent et deviennent le Calais actuel. Les services municipaux y restent jusqu’à la mise en service en 1920 de l’hotel de ville et son beffroi. Libre, la désormais ancienne mairie abrite les services judicaires et de police pendant quelques décennies. Aujourd’hui c’est le Tribunal d’Instance.
La Bourse du Travail est à droite de l’église Saint-Pierre. Cette masse cubique date des années 1930 et était une bourse d’emploi. Il y a encore un lien avec le monde du travail, les syndicats y sont hébergés. C’est aussi un marché couvert ouvert les jeudis et samedis matins. A l’origine en 1860 un bâtiment de lavoirs et douches avait été bâti dans un style néo-classique comme la Mairie de Saint-Pierre (aujourd’hui tribunal) en face. Puis, l’édifice a ensuite accueilli diverses écoles (dessins, musique) avant sa destruction durant la 1ère Guerre Mondiale. Une quinzaine d’années plus tard, la bourse du travail est construite à cet endroit. Le bas-relief en façade est un hommage aux principaux corps de métiers de l’époque à Calais.
Le saviez-vous ? Dans sa forme imposante et même abrupte, la bourse du travail abrite un joyau hélas non visible (raisons de sécurité). Au cœur du bâtiment, il existe un théâtre d’une capacité de 1200 places. Achevé juste avant la 2ème Guerre Mondiale, il a accueilli de nombreux spectacles et pièces de théâtre. Ce théâtre porte le nom d’un ancien maire de Calais du début XXème siècle, Emile Salembier.