Le Phare de Calais
Un phare, sentinelle du détroit depuis 1848
C’est au début du XIXe siècle que la nécessité d’un phare à Calais s’impose : le trafic maritime se développe dans le détroit, et les naufrages avec lui. Une première lanterne est installée en 1848 au sommet de la Tour du Guet, qui faisait alors office de repère pour les marins depuis le XIXe siècle. Le nouveau phare, conçu par l’architecte Léonce Reynaud, s’allume pour la première fois le 15 octobre 1848.
Il est bâti sur « la Couleuvrine », un ancien bastion des fortifications de la ville — un vestige qui accentue encore sa silhouette dominante lorsqu’on le photographie depuis le Fort Risban ou le Bassin du Paradis. À ses pieds s’élève l’ancien logement du gardien : il fallait autrefois vivre sur place pour entretenir la lentille et le système d’éclairage, d’abord à l’huile puis au pétrole, dont le mécanisme de rotation devait être remonté régulièrement.
Électrifié en 1883 puis automatisé en 1987, le phare fonctionne aujourd’hui sans gardien et peut être commandé à distance. Le métier s’est transformé : ce sont désormais des techniciens des phares et balises qui assurent la maintenance de l’ensemble des équipements de signalisation maritime de Calais — le phare, mais aussi les balises en mer, les feux de jetée et les balises d’entrée du port.
Découvrir le courgain maritime
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©Timothé Lovergne Une visite en deux temps
La salle de découverte maritime
Avant d’entamer l’ascension, place à la découverte : cet espace pédagogique et interactif, en accès libre et gratuit, retrace l’histoire des phares, des balises et de la signalisation maritime, à travers des chantiers, des naufrages et des instruments de navigation à tester soi-même — compas, navisphère, sextant, GPS, anémomètre, VHF, sondeur… Un guide est présent pour répondre aux questions des visiteurs, petits et grands.
©Timothé Lovergne L’ascension vers le sommet
Une ascension de 271 marches
Pour atteindre le sommet et découvrir le panorama, il faut grimper 271 marches dans un escalier en spirale. C’est long, mais largement faisable en montant à son propre rythme, avec des pauses possibles face aux paysages qui apparaissent régulièrement par d’étroites fenêtres. Au sommet du fût — qui culmine à 51 mètres, pour un plan focal situé à 58 mètres au-dessus du niveau de la mer — un balcon permet d’admirer un panorama à 360° : Hôtel de ville, Notre-Dame, l’arrière-pays calaisien, ainsi que les ports de commerce et de voyageurs. Par temps clair, les côtes anglaises se dessinent même à l’horizon. En un seul coup d’œil, ou presque, on embrasse la plupart des incontournables de Calais. Pour des raisons de sécurité, l’accès au balcon est fermé par grand vent, tempête ou orage.
Visiter Calais : les incontournables
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©Timothé Lovergne Dans les coulisses d’un phare toujours en activité
Au-dessus du balcon se trouve la lanterne, cœur du phare et raison d’être de tout l’édifice. Non accessible au public, elle protège un système optique composé de quatre lentilles de Fresnel, posées sur un lit de mercure pour limiter les frottements. Contrairement à une idée reçue, c’est l’optique qui tourne autour de la lampe, laquelle reste fixe. Celle-ci n’affiche qu’une puissance de 250 watts, mais ses faisceaux, concentrés par les lentilles, portent à 23 milles nautiques, soit 43 kilomètres — largement suffisant pour couvrir le détroit du Pas-de-Calais.
L’optique tourne à une vitesse rigoureusement calculée pour respecter la signature du phare : quatre éclats groupés de 0,1 seconde toutes les 2,4 secondes, suivis d’une phase d’obscurité de 7,4 secondes, pour un cycle complet de 15 secondes. C’est cette cadence précise, unique à chaque phare, qui permet aux marins du monde entier d’identifier Calais de nuit comme de jour.
Un monument au cœur du Courgain maritime
Phare d’atterrissage, le Phare de Calais est à la fois une aide à la navigation pour les navires entrant au port et un repère pour ceux qui croisent dans le détroit du Pas-de-Calais, le plus fréquenté au monde. Il est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 19 avril 2011. À deux pas, un autre monument raconte le lien entre les Calaisiens et la mer : le Monument des Sauveteurs, qui rend hommage aux marins disparus lors d’un sauvetage en 1791 — une bonne étape pour prolonger la balade dans le Courgain maritime.
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