©Nohcab Bunkers à Calais : sur les traces du Mur de l'Atlantique
Calais et ses alentours invite à une exploration sur les traces d’un passé qui a marqué nos côtes. De l’effervescence stratégique de la Bataille d’Angleterre en 1940 à la démesure architecturale du « Festung Calais », découvrez comment l’ingénierie de l’extrême a transformé cette terre en une forteresse. Mais l’expérience ne s’arrête pas au béton, le devoir de mémoire se vit au grand air. Entre les bunkers-cathédrales et les réserves naturelles préservées, préparez-vous à une immersion sensorielle unique où la beauté sauvage de la Côte d’Opale rencontre les vestiges poignants du Mur de l’Atlantique.
1940 : La Bataille de Calais et la Bataille d’Angleterre
Fin mai 1940, après la Bataille de Calais, la ville tombe aux mains des Allemands. Ceux-ci s’attellent rapidement à leur stratégie défensive d’une ville et d’un port à une trentaine de kilomètres des côtes anglaises. Après la chute de la France en juin, Hitler s’attaque à l’Angleterre et déclenche la première grande campagne de combats aériens de l’histoire. Le ciel de Calais est témoin de la bataille d’Angleterre. De nombreux aérodromes sont aménagés ou renforcés autour de Calais (Marck, Coquelles, Peuplingues, Pihen-les-Guines etc…). Près de 300 avions de la Luftwaffe sont stationnés autour de Calais durant l’été 1940, et des as de la chasse allemande comme Werner Mölders et Adolf Galland y stationnent. Des abris, casemates, installations défense anti-aérienne, apparaissent autour de ces terrains d’aviation.
©Timothé Lovergne Un gigantisme toujours visible
Dès l’été 1940 et jusque à la Libération de Calais en 1944, les allemands vont continuer à renforcer leur défense sur les côtes du Pas de Calais… d’autant plus que la perspective d’un débarquement Allié sur les plages du Pas de Calais est plausible vu la proximité géographique de l’Angleterre. À partir de 1942, L’Allemagne veut bâtir le Mur de l’Atlantique sur le littoral qu’elle occupe. L’idée est de transformer Calais en forteresse à garder à tout prix, le « Festung Kalais ». Le béton coule, les chantiers sont nombreux, les hommes sont réquisitionnés. Plusieurs monstres de béton, vestiges poignants de l’Occupation de 1940 à 1944 sont toujours visibles à Calais et ses alentours.
Le Mako Bunker à Calais
Le MArine KOmmandatur, au centre de Calais, plus long bunker d’Europe, abrite aujourd’hui le Musée Mémoire 1939-1945. Le point de départ incontournable pour partir à la découverte du Calais de la Seconde Guerre Mondiale. Une de ses salles est consacrée (avec une impressionnante maquette) à la monstrueuse Batterie Lindemann qui, des hauteurs de Sangatte, pointait ses canons sur le détroit du Pas de Calais et l’Angleterre.
Musée Mémoire 39-45 de Calais
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©Nohcab La Batterie Oldenburg
À l’est de Calais, la Batterie Oldenburg est l’un des vestiges les plus impressionnants de 1939-1945 sur le territoire de Calais XXL. Cette batterie de la Kriegsmarine avait pour mission de verrouiller le Détroit du Pas de Calais, armée de deux canons redoutables capables de frapper navires et côtes anglaises. Aujourd’hui le contraste est saisissant entre le gigantisme de ce vestige et la sérénité du paysage, au cœur du site protégé du Fort Vert, un cadre naturel d’exception, composé de dunes et de prairies humides.
Découvrir les Dunes du Fort Vert
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©Timothé Lovergne Le Dombunker
Le Dombunker (bunker-cathédrale), proche du camping Calais LA Plage, est un autre vestige rare. Ce type de bunker voûté permettait de cacher de puissants canons sur rails comme le Krupp K5, capables de toucher l’Angleterre. Aujourd’hui laissé en l’état, il doit intégrer le projet de rénovation du quartier de l’Arc Ouest et pourrait abriter la suite du projet des machines de François Delaroziere. À suivre…
Conseils pour une exploration responsable et sécurisée
Pour que votre aventure reste un plaisir, n’oubliez pas que ces géants de béton sont aussi des vestiges fragiles. Respectez scrupuleusement les clôtures et les propriétés privées : de nombreux sites se trouvent sur des terrains protégés ou appartenant à des particuliers. Pour votre sécurité, ne tentez jamais de pénétrer dans les bunkers non aménagés ou de grimper sur leurs structures, car le risque de chute ou d’effondrement est réel. Enfin, restez extrêmement vigilant lors de vos balades à proximité des falaises du Cap Blanc-Nez
Entre dunes et bunkers
Balades nature et exploration historique à Calais
Partir à la découverte du patrimoine de la Seconde Guerre Mondiale de Calais et ses alentours, c’est explorer un territoire où le tourisme de mémoire rencontre la beauté sauvage de la Côte d’Opale. Entre les dunes et les plaines, les vestiges de la Seconde Guerre mondiale, tels que les impressionnants bunkers de la Batterie Oldenburg ou le Musée Mémoire (Mako Bunker), témoignent d’une ingénierie de l’extrême. Une balade historique, mêlant l’esthétique « Lost Places » du Fort Vert à la rudesse technique des Regelbauten, offre une immersion sensorielle unique en pleine nature. Que vous soyez passionné d’histoire, amateur de randonnée littorale ou photographe en quête de paysages atypiques, l’exploration de ces sentinelles de béton promet une expérience culturelle et émotionnelle hors du commun sur la Côte d’Opale.
©Nohcab Un parcours bientôt disponible
En attendant de pouvoir découvrir la carte précise des vestiges, voici quelques lieux clés qui sont à visiter, à commencer par le Musée Mémoire 39-45 : le plus long bunker allemand d’Europe.
Musée Mémoire 39-45 de CalaisQuels sont les bunkers à visiter à Calais ? + –
Le territoire de Calais XXL concentre plusieurs vestiges majeurs du Mur de l’Atlantique. Le Mako Bunker, au centre de Calais, abrite le Musée Mémoire 1939-1945 : c’est le point de départ naturel pour comprendre l’occupation allemande et le « Festung Kalais ». À l’est, la Batterie Oldenburg, ancienne batterie de la Kriegsmarine, s’élève au cœur du site naturel protégé du Fort Vert, entre dunes et prairies humides.
Le Mur de l’Atlantique est-il visible à Calais ? + –
Oui, et de façon particulièrement marquante. Calais et son agglomération figurent parmi les secteurs où le Mur de l’Atlantique a laissé les traces les plus denses et les mieux conservées. Construit à partir de 1942 pour transformer Calais en forteresse imprenable, le « Festung Kalais », ce dispositif défensif a généré des constructions de béton armé d’une échelle exceptionnelle. La Batterie Oldenburg, le Dombunker et le Mako Bunker en sont les témoins les plus accessibles. Certains vestiges s’intègrent aujourd’hui dans des espaces naturels protégés, ce qui rend leur découverte doublement saisissante.
Le Mur de l’AtlantiquePeut-on entrer dans les bunkers ? + –
Certains bunkers sont aménagés et ouverts au public, comme le Mako Bunker qui accueille le Musée Mémoire 1939-1945. En revanche, les bunkers non aménagés ne sont pas accessibles à l’intérieur et ne doivent en aucun cas être approchés de l’intérieur. Les structures de béton vieillissantes présentent des risques réels d’effondrement. Certains vestiges sont implantés à flanc de falaise et menacent de basculer. Plusieurs sites se trouvent par ailleurs sur des terrains protégés ou des propriétés privées : le respect des clôtures et des périmètres balisés est impératif. La découverte de ces vestiges se vit depuis l’extérieur, ce qui n’enlève rien à la puissance des lieux. S’il est est une à vous recommander, la Batterie Oldenburg est spécialement aménagée en terrasse d’observation.